A Grasse, berceau mondial de la parfumerie sur la Côte d'Azur, la rose de mai est en fleurs, mais dans les champs, "bosser avec un masque et ne pas la sentir, c'est un peu frustrant!".
Propriétaire du Domaine de Manon, partenaire de la maison de luxe Dior, Carole Biancalana a imposé le masque à la demi-douzaine de saisonniers qui récoltent, coronavirus oblige. Elle ne manque pourtant pas d'adjectifs pour décrire l'arôme "complexe, multiple et varié" de la rose centifolia, variété éphémère à la tige si frêle qu'elle n'a pas de tenue en vase. "On est entre le miel, l'épice, l'agrume, le litchi, c'est un parfum en soi", dit-elle.
Après deux mois de confinement et un silence propice à l'écoute du bourdonnement des abeilles, la cueillette a commencé il y a huit jours, au gré de la météo, et se fait pour la première fois avec nombre de précautions sanitaires.